Affres sardoniques

Affres sardoniques

Par Mohamed Saoudi Souig

Publié le 26/04/12
Classique
La poésie est multiple, diversifiée. C’est son avantage, c’est son essence même. Chaque poème vient mettre à nu et graver à jamais une vision du monde, un état d’âme, un manque, une satisfaction, une béatitude, etc.. Tout cela condensé en quelques vers, en quelques vocables, péniblement pondus, laborieusement créés. Toute la magie des mots est là. Ceux-ci, avec toute leur charge sémantique et émotive tardent souvent à venir épouser le désir de vouloir dire ce que le poète veut. L’inspiration, cette muse si capricieuse, se fait tant désirer… Et lorsque enfin, le poète s’exprime, ses poèmes, comme pour le narguer, lui échappent et ne sont plus siens. Cette catharsis, qu’est l’écriture poétique, est finalement destinée au lecteur, qui, sans lui, tout écriture est absurde. On n’écrit point pour soi, on écrit pour s’approcher, d’une manière complice, des autres ; Charles Baudelaire le cherchait tant en interpellant le lecteur : « lis-moi pour apprendre à m’aimer. »