Attraversare

Attraversare

Par Sylvaine Garven

Publié le 01/04/15
Collection Classique
« Allongée sur le sol de mon bureau en ce trente-et-un décembre, le chef des pompiers me tenant la main, je voyais les derniers mois de mon existence se poser sur moi comme un drap de lin et m’envelopper comme au temps des pharaons. Mon bureau était devenu ma chambre funéraire et je sentais les rebords de mon sarcophage soutenir mes os fragiles. Ma chair se collait à ces derniers car depuis des mois, comme la neige fondant au soleil, la dose de lipides dont un corps humain a besoin pour vivre me manquait cruellement.

– Tension 7.

– Ok, on l’emmène aux urgences à Bichât.

Tiens, je ne savais pas que les Égyptiens parlaient ma langue. »

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