Augustin et Juliette

Augustin et Juliette

Par François Rozé

Publié le 28/02/12
Classique
Nous n’avions pas d’amis, de véritables amis. Papa ne disait-il pas : « L’important, dans la vie, c’est d’avoir peu d’ennemis avérés ». Malgré cette affirmation en forme de proverbe, il est mort de mort violente. A priori, celui qui lui a planté un couteau de cuisine dans le ventre ne devait pas être un bon ami. Ce type avait dû lui reprocher quelque chose de grave avant de lui faire ce que les voyous appellent une « boutonnière », je crois bien.
Son assassin avait dû lui parler en face. Le coup porté ne lui avait laissé aucune chance quelconque de survie. Un coup assené avec une extrême violence de bas en haut avec une lame aiguisée comme un rasoir, provoquant des dommages immédiats ; papa s’était écroulé aux pieds de son meurtrier, vidé de son sang comme un mouton immolé pour la pâque. Déduction immédiate : il n’avait pas que des relations amicales, loin de là.