Chronique d’une protection supposée

Chronique d’une protection supposée

Par Pierre-Louis Delvaux

Publié le 15/05/12
Classique
Au fond je ne sais pas si je suis réellement morte. Je le serai le jour où l’Ecrivain m’aura vomie. Je ne sais pas quand, mais s’il ne veut pas disparaître, il le faudra bien. C’est comme ça qu’on se libère du deuil, autrement rien n’est plus possible, il le sait, l’acte sera difficile. J’aurais dû parler avant que l’événement ne se produise, avouer pour me débarrasser de mon secret. Il écrit, pense, n’agit qu’en fonction de cet instant. Parfois je viens réveiller ses moments d’efforts. Je hante la maison, nuit et jour. L’Ecrivain, ne m’a jamais parlé, ou plus exactement « Je » ne lui ai jamais parlé de ce qui va suivre. Je n’ai jamais rien raconté de cette vie que nous avons connue pendant cette horreur de la guerre.