Comme une volée de bois vert

Comme une volée de bois vert

Par François Rozé

Publié le 14/02/12
Classique
Maximilien Ancelin avait entendu décroître la marche de ses geôliers s’éloignant. Déjà que dans l’herbe l’écho des pas est étouffé, il avait eu beau tendre l’oreille, le silence s’était installé profondément et durablement.
Il avait tout d’abord deviné que le petit bruit répétitif scandant le néant dans cette espèce de tombeau provenait de la cloison rocheuse au-dessus de sa tête. Une goutte d’eau, après avoir suinté quelques secondes, tombait régulièrement sur la paille.
Les murs tout autour de lui dégoulinaient doucement. Une atmosphère humide régnait dans cet antre ainsi qu’une odeur douce-amère indéfinissable. La paille sentait la moisissure, et l’âcreté devenait entêtante.
Au contact de la litière pourrissante, il ressentait une répulsion grandissante. Et pourtant, avec le froid qui s’accentuait, il lui fallait bien envisager de s’y enfoncer, de faire un trou pour pouvoir supporter cette froidure l’envahissant progressivement.