Comment le paysan africain peut-il lutter contre la faim et la pauvreté ?

Comment le paysan africain peut-il lutter contre la faim et la pauvreté ?

Par Enoch Djondang

Publié le 14/05/12
Classique
Le grand-père maternel de l’auteur avait continué à cultiver le sorgho à proximité de sa case, malgré son âge avancé. Pour lui, il n’était pas question que son grenier soit vide, car cela aurait été l’indice d’une grande insécurité. Aujourd’hui, les paysans africains achètent leurs provisions vivrières hors de prix sur le marché local, parce qu’ils sont contraints de réaliser les objectifs de production des cultures commerciales imposés par l’Etat et les entreprises industrielles spéculatives. La faim fait rage dans les familles, bien avant l’arrivée de l’hivernage et de la soudure. Les jeunes fuient en masse vers les villes. La misère, l’oisiveté et l’alcoolisme ravagent les bonnes mœurs et le tissu familial. Impuissants et incapables de s’assumer face à l’ampleur du désastre social et économique, les pouvoirs publics s’en remettent aux ONG et à l’assistanat international. La crise se ressent dans les villes à vocation administrative, car le coût croissant de la nourriture emporte l’essentiel du budget familial.
La question qui n’a jamais été posée est la suivante : y avait-il une économie séculaire pratiquée par nos ascendants africains et éprouvée, qui aurait permis à notre race de survivre ? Si oui, comment la décoder et l’adapter aux nouveaux enjeux de modernisation du monde rural africain et juguler la paupérisation croissante des producteurs ? L’auteur tente de répondre à ces questions en proposant une approche à la portée du paysan africain.