Deux Princes

Deux Princes

Par Arnauld Cappeau

Publié le 22/05/15
Collection Classique
Le roi, parlant au fou du jeu d’échecs :

« Je l’ai renvoyé chez lui comme une truite bien chatouillée. Il se croit vertueux parce qu’il a refusé mon argent ! Mais il n’a pas fermé l’oreille à mes flatteries et à mes promesses ; il n’est pas insensible au plaisir de venger un affront fait à sa vanité. Il a refusé mon argent ! Il en est plus pauvre mais pas plus honnête. Il faut pourtant qu’il soit à moi, car c’est la meilleure tête de toute la Bourgogne. À présent, j’attends un plus noble gibier. Il faut faire face à ce Léviathan de Charles, qui va fendre les mers pour arriver à moi. Il faut que, comme un marin tremblant, je lui jette quelque chose par-dessus bord pour l’amuser ; mais peut-être trouverai-je un jour l’occasion de le percer d’un harpon. »

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