Du nationalisme à la rébellion : retour sur la montée en puissance de l’UNITA (1966-1994)

Du nationalisme à la rébellion : retour sur la montée en puissance de l’UNITA (1966-1994)

Par Amadou Koné

Publié le 04/05/12
Classique
Fondée en 1966 par Jonas Savimbi dont le père mourut dans les geôles de la police politique portugaise (PIDE), l’UNITA fut la dernière des organisations nationalistes angolaises à voir le jour.
Le MPLA, le FNLA et l’UNITA n’avaient guère été unis dans la lutte contre les Portugais pour l’indépendance du pays et s’étaient même affrontés à plusieurs reprises. Après le départ de la puissance coloniale, les trois mouvements avaient pris les armes pour s’emparer du pouvoir par la force, appuyés par leurs « parrains » respectifs.
L’UNITA et le FNLA avaient été soutenus par le Zaïre, la CIA et l’Afrique du Sud. Le MPLA avait été secouru par l’URSS et les soldats cubains qui lui avaient permis de remporter la victoire et de proclamer l’indépendance le 11 novembre 1975. Après sa défaite militaire, l’UNITA avait poursuivi sa lutte, encouragée par Mobutu, le régime d’apartheid et l’administration de Ronald Reagan qui érigea les guérilleros de ce mouvement en « combattants de la liberté » à l’instar des Contras au Nicaragua et des Moudjahidines en Afghanistan. Ainsi, l’UNITA avait pu étoffer son arsenal militaire et menacer le pouvoir détenu à Luanda par le MPLA.