Emmanuel Carrère à la foire du livre de Brive


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Emmanuel Carrère à la foire du livre de Brive

Après le prix Renaudot mercredi, l’écrivain Emmanuel Carrère a reçu à la foire du livre de Brive le prix de la littérature française, une occasion pour lui de revenir sur l’ensemble d’une œuvre qu’il qualifie de « documentaire ».

« Ca me fait plaisir et c’est un encouragement », s’est félicité le lauréat, qui espère juste « être un bon usager de la langue française ».

Avec humilité, cet auteur de 53 ans, affirme ne pas avoir le sentiment d’appartenir à la famille d’écrivains qu’il admire le plus : celle des « inventeurs de langues qui créent une langue qui leur est propre » comme Louis-Ferdinand Céline ou Nabokov.

Auteur depuis un quart de siècle d’une dizaine de romans, dont le plus récent « Limonov » (P.O.L), Emmanuel Carrère a jusque-là été peu distingué par les grands jurys littéraires, à l’exception du prix Femina reçu en 1995 pour « La classe de neige ».

« C’est un écrivain majeur qui possède plusieurs langues dans la langue française ( … ) qu’il sait manier avec sensibilité et émotion », a pourtant souligné Laure Adler qui lui a remis le prix pour l’ensemble de son œuvre depuis « La moustache » (1986) à « Limonov » en passant par « L’adversaire » (2000) ou « D’autres vies que la mienne » (2009).

« J’ai toujours eu l’impression de faire un usage souple et délicat de la langue commune », a reconnu l’écrivain qui affirme emprunter beaucoup dans son travail d’écriture au journalisme, un métier qu’il a longtemps exercé.

« Je ne vois pas de discontinuité entre ce que j’ai pu faire en tant que journaliste et ce que je fais en tant qu’écrivain », a expliqué Emmanuel Carrère qui est également scénariste.

C’est d’ailleurs pour cela, explique-t-il, que, depuis une dizaine d’années, il est passé à une « écriture documentaire et pas de fiction ».

Ce basculement, il le date de l’époque où il a écrit « L’adversaire », un livre qui s’inspire de la vie de Jean-Claude Romand, un homme qui a assassiné ses enfants et sa femme après avoir caché pendant 18 ans sa vie réelle à ses proches.

« Il y a vraiment quelque chose qui est né dans l’écriture de ce livre qui m’a pris environ sept ans », a reconnu le fils de l’académicienne et spécialiste de la Russie Hélène Carrère d’Encausse.

Après la publication de l' »Adversaire » suivra « Un roman russe », son seul ouvrage autobiographique dans lequel il évoque notamment le passé d’un de ses grand-pères qui a eu « une vie tragique » et qu’il a a écrit « contre la volonté de sa mère ».

C’est à l’occasion de nombreux reportages effectués en Russie qu’est née l’idée de ce roman ainsi que de « Limonov » qui vient d’obtenir le prix Renaudot, a expliqué l’auteur.

« J’ai fait un reportage sur lui qui s’est étendu aux dimensions d’un livre », a raconté Emmanuel Carrère, soulignant que la vie singulière d’Edouard Limonov « lui inspire des sentiments fluctuants allant de la sympathie à de l’antipathie ».

Aujourd’hui, l’auteur n’exclut pas de revenir un jour à la fiction même s’il reconnaît éprouver « pour l’instant un goût pour l’enquête et le reportage ».

C’est à l’unanimité et au premier tour de scrutin qu’il y a un mois, le jury de la langue française auquel appartiennent notamment Patrick Rambaud, Jean-Christophe Rufin et Laure Adler lui ont attribué ce prix qui récompense chaque année l’œuvre d’une personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique qui a contribué à illustrer la qualité ou la beauté de la langue française.

C’est donc à la foire du livre de Brive que l’écrivain Emmanuel Carrère a reçu le prix de la littérature française.

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