Griffonnages

Griffonnages

Par François Rozé

Publié le 29/02/12
Classique
Ayant échappé aux ambitieux de la bourgeoisie qui voulaient s’en servir comme d’un tremplin et aux nobles ayant souscrit aux idées rénovatrices des encyclopédistes, la Révolution est désormais menée par des extrémistes qui ont constitué des comités de surveillance, de salut public, des sociétés populaires, tous organismes animés le plus souvent par un despotisme aveugle.
Eugène Lhommet n’hésite pas à dire : « En France, il fut planté 51 634 arbres de la Liberté. C’était une ironie car, à aucune époque, la liberté ne fut aussi restreinte : 400 000 individus furent incarcérés et la guillotine était en permanence alimentée par 148 tribunaux révolutionnaires fonctionnant sans relâche ».
C’est absolument exact.
Le malheur de ces débordements fut que le petit peuple des villes et des campagnes en subira tous les néfastes effets.
Animés d’un véritable esprit pur et dur de changement radical, les tenants des pouvoirs exagéraient dans toutes leurs décisions, exigeant une obéissance aveugle à la République et, du même coup, restreignaient les libertés déjà mesurées sous l’ancien régime.
Autant dire que l’application de leurs dictats se faisait avec de sérieux grincements de dents !