Je m’éveillais pour la regarder dormir

Je m’éveillais pour la regarder dormir

Par Fernand Cousineau

Publié le 19/07/12
Classique
L’un et l’autre s’étaient réfugiés dans leur igloo respectif, écorchés de liaisons amoureuses mortes avant d’être nées. Sans qu’ils cherchent ou qu’ils se cherchent, le hasard les avait mis en présence. Elle l’avait subjugué par la lecture qu’elle réussissait à faire de son âme. Aucune compagne de vie n’avait approché ce qu’elle avait décodé à travers son regard. Il lui écrivit donc une première lettre avec les mots de l’âme et elle l’invita à lui rendre visite. Un éveil qu’il n’avait jamais vécu se produisit. Voguant allégrement vers la soixantaine, on ne pouvait pas parler d’un coup de foudre, mais d’une intensité qui sommeillait au tréfonds de leurs êtres. Croyant que le sentier se dessinerait au fur et à mesure de complicité, de partage et de tendresse, il ne vit pas le tracé que de façon insidieuse elle lui avait caché et où elle l’entraînait pas à pas.