La jouissance, Florian Zeller

La jouissance, Florian Zeller

 

 

Florian Zeller fait sa rentrée littéraire avec La jouissance, électionné pour le prix Renaudot 2012.

Il avait reçu le prix Interrallié 2004 pour son roman, La fascination du pire.

Après une période consacré au théâtre, Florian Zeller revient au roman avec La jouissance.

 

 

La note de l’éditeur : La jouissance

L’histoire commence là où toutes les histoires devraient finir : dans un lit. Nicolas vit depuis deux ans avec Pauline, ce n’est donc pas la première fois qu’ils se retrouvent l’un en face de l’autre et qu’elle lui fait un sourire équivoque en lui prenant la main. Ce sont des gestes qu’ils connaissent par cœur, des gestes qui peuplent le territoire des choses familières et rassurantes.

Ce jour-là, pourtant, quelque chose d’inédit se produit. Il est allongé sur le dos et Pauline, qui vient de retirer son soutien-gorge, ferme légèrement les yeux, comme elle a l’habitude de le faire quand le plaisir commence sa douce anesthésie du monde. Soudain, la couette se soulève, et une troisième tête apparaît.

La jouissance, Florian Zeller, Roman (broché). Paru en 08/2012 : 16,90 €

One thought on “La jouissance, Florian Zeller”

  1. Florian ZELLER – La jouissance

    Devenu incontournable dans le paysage artistique depuis 2002, après un long détour par le théâtre où il excelle – en 2007, la pièce « Si tu mourais », avec Catherine Frot, a reçu le Prix du jeune théâtre de l’Académie française et, en 2011, Catherine Hiégel, interprète de « La mère », a été consacrée par le Molière de la meilleure comédienne – , Florian Zeller, écrivain de trente-trois ans, revient avec « La jouissance » (Prix de la rentrée à la Forêt des livres), un nouveau roman publié chez Gallimard, et une pièce, « Le père », créée au Théâtre Hébertot, interprétée par Robert Hirsch et Isabelle Gélinas.
    « La jouissance » s’ouvre dans un lit sur une scène d’amour en apparence classique. Nicolas, trentenaire, réalisateur méconnu, amoureux de Pauline, vit « le sexe comme un moment métaphysique », un rêve qui annihile les déceptions de l’individu. Soudain la couette se soulève…, une troisième tête apparaît, le film qu’il s’invente se déroule librement sous ses paupières et la fantasmagorie de Nicolas est bien protégée de toute incursion (Notons que Florian Zeller « aime l’invisibilité »)…
    De prime abord, c’est « l’Ode à la joie » rythmée par la neuvième symphonie de Beethoven qui accompagne l’histoire intime du jeune couple dans la recherche souveraine du plaisir érotique. Un jour, observant son entourage, l’auteur fait une constatation qui l’interpelle : de nombreux amis trentenaires se sont séparés de leur conjoint juste après la naissance de leur enfant ; alors il s’interroge sur « ce fait sociologique apparemment majeur » : « parce qu’il y avait un enfant l’amour semblait être condamné alors qu’il lui avait toujours semblé que le fait d’avoir des enfants était comme une sorte de ciment qui consolidait le couple et lui permettait de dépasser les difficultés sentimentales »… Or « construire quelque chose de plus large que soi », c’est-à-dire une famille, implique la notion de renoncement, une atteinte à la liberté, l’acquisition de l’esprit de sacrifice et aussi le sens du pardon. L’auteur en déduit que ces trentenaires du 21ième siècle sembleraient avoir « désappris à faire des enfants et vivraient sous la tyrannie joyeuse de la jouissance » parce qu’ils appartiennent à la première génération qui ne s’est pas construite sur l’Histoire.
    « La jouissance » est aussi un roman européen : dès le début du livre se dessine une ligne de narration parallèle, « une grande Histoire parallèle à la petite histoire » relative à la construction européenne à partir du couple franco-allemand, François Mitterrand et Helmut Kohl ; Florian Zeller compare les lois qui régissent les individus à celles qui régissent les pays : « de la même façon que les êtres s’unissent dans un ensemble plus large dès lors qu’ils se sentent fragiles, de la même façon, les pays se joignent les uns aux autres à cause de l’intuition de leur faiblesse pour se sentir plus forts », d’où la construction d’un couple en crise dans une Europe en crise…
    Ainsi, Florian Zeller nous offre, avec humanisme, un texte captivant, très vivant, enrichissant où les références abondent (hommage à Kundera, Cioran, Michel Leiris, Sartre…), au style fluide, à l’écriture simple et belle, très agréable à lire, et ponctué de passages humoristiques qui détendent l’atmosphère malgré la gravité du sujet. Sans être un conte moral, « La jouissance » pose clairement la problématique de la vie de famille dans la société du 21ième siècle et pourrait susciter chez les trentenaires une certaine remise en question qui consisterait à intégrer dans leur façon de vivre la notion d’effort et la lutte contre l’individualisme afin de relativiser « les égratignures de la vie ordinaire ».
    Yvette Bierry, le 28 septembre 2012

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