La polyphonie des mots

La polyphonie des mots

Par Hélène Gérardin

Publié le 03/07/14
Collection Classique
Sur la portée de l’âme, cage ouverte par l’élan poétique, s’amoncellent ces notes inattendues et imprévisibles. L’art de la fugue ne peut soulever les mots que si ceux-ci acceptent de chanter ensemble leur partie propre sans se faire de l’ombre. La voix porte loin, mais le mot va profond, à la racine de l’âme et de la pudeur, là où il n’est rien qui soit solitude irréversible et irréductible. Le poème est gerbe de fleurs serties de lettres alliées et ailées, jaillissant d’un cœur qui a choisi de tout livrer et de refléter la transmission qui lui est confiée.
La partition n’est qu’un support, qu’il convient toutefois de calligraphier, en trempant sa plume aiguisée au feu de l’enthousiasme – mille fois chu et mille fois relevé – dans le sang de l’encrier robuste et endurant du cœur, portant l’arbrisseau de la vie. L’assemblage des différences est chose passionnante, lorsqu’il s’agit d’unifier des extrêmes récalcitrantes à toute harmonisation. C’est, ici, un travail de mise en place qui est proposé, dans l’optique d’un concert encore bien lointain, tant la perfection et l’épure poétique sont, encore, inaccessibles.
Plus que jamais, dans ce recueil, la poésie exclut le divertissement, mais s’arrime consciencieusement au devoir de pénétrer la vérité indicible.

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