Le Chant des arbres

Le Chant des arbres

Par Hélène Gérardin

Publié le 22/01/14
Collection Classique
Pour entendre chanter un arbre, il faut l’avoir choisi. Choisir de le laisser s’exprimer le silence vivifiant au tréfonds de soi, qu’il aura fallu sonder et éclairer d’insouciante indulgence. Une vie humaine peut changer de cap lorsqu’elle aura su goûter la joie d’un front posé sur une écorce offerte, d’un tronc étreint au crépuscule, de racines puissantes entrecroisées de ses pieds, d’un regard plongé dans la luxuriante foison de branches s’ancrant dans le ciel. Car alors, le fait de respirer et de subsister est appréhendé à sa source, en sa plus intime émanation déployée dans un secret que seule une coïncidence peut pénétrer : l’affinité d’un arbre pourvoit l’âme corporée en sa claudication d’un effluve que seule la flamme vacillante de la bougie peut comprendre. C’est le vrai feu de la force infuse qui sait s’engendrer de toute faiblesse accueillie comme un sursaut de grâce. Il n’est ici question que de tracer les sillons enregistrés dans le bois tendre de l’enclos du cœur au gré des immersions émerveillées et salvifiques dans cet océan vert à l’ineffable majesté. Que ceux qui osent le partage de ce qui ne paraît que trop élémentaire pour être vrai en ressorte revigorés, transformés et disponibles à ce qui se donne gratuitement et sans bruit.

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