Le cœur en rémoulade

Le cœur en rémoulade

Par Mario Guillard

Publié le 02/07/12
Classique
«Tu vois, fit le cafetier, il est plus heureux que toi. Il ne se pose jamais de questions qui n’ont pas de réponse lui. Dans la vie, on a déjà trop souvent le choix entre le malheur et le… malheur, alors si t’as des états d’âme, t’es foutu. Lui, tu vois, heureux. J’ai faim, je mange, j’ai soif, je bois, et si je vois un minou qui passe, j’essaye de me le coincer sans mauvaise conscience. Heureux !
– Oui. Comme un animal quoi ?
– Ho, tu sais, on n’est pas beaucoup plus que ça. En définitive, vivant aujourd’hui, mort demain… »
Dans un tranquille village, ce qui aurait pu être un événement enrichissant, à tout point de vue, va se révéler être la mise à nu des profondeurs sombres des êtres. Sur un ton sarcastique où l’humour de bistrot se mêle au drame, issu d’une vengeance meurtrière, l’auteur dépeint ici une société humaine souvent infantile, passant d’un extrême à un autre extrême, dans sa quête aveugle du bonheur et de la jouissance.