L’éducation nationale française sous l’empire de la mondialisation

L’éducation nationale française sous l’empire de la mondialisation

Par Daniel Othily

Publié le 30/08/12
Collection Classique
Dans une société évoluant vers la désindustrialisation et le non-travail pour une part croissante de citoyens, l’éducation différentielle introduit l’acceptation de statuts nouveaux et de droits élémentaires multiformes. L’Éducation nationale qui rend un service particulier à un public spécifique fonctionne encore sous le régime de la gratuité. Pour certains, l’interventionnisme étatique serait une atteinte tandis que la marchandisation de l’éducatif synthétiserait une phase transitionnelle. Aujourd’hui, le mercantilisme s’approprie tout espace vierge provoquant à la fois une crise institutionnelle et une crise de la démocratie. L’opium du peuple, c’est l’éducation ! La mondialisation s’inscrit dans une logique de crise et de domination y compris dans l’éducation. L’humanisme du XVIe et du XVIIe a battu en retraite. Y a-t-il progrès réel sans progrès social ? Des règles prudentielles internationales sont-elles envisageables ? La mondialisation n’est plus un mythe mais une réalité que l’approche socio-économique du marché confirme avec le marché sans limites. La relation complexe du pouvoir et du marché montre que ce dernier occulte le premier. De plus en plus, les gouvernants perdent leur souveraineté monétaire et donc politique. À qui profite le marché ? N’est-ce pas la démission des gouvernements qui ouvre la porte à la crise ? Le modèle des marchés multiples ? Dans l’éducation du citoyen s’observe la marche vers la marchandisation du corps. Le XXe siècle qui fut un grand consommateur de corps laisse la place aux loisirs sportifs et commercialisés sous l’emprise de l’efficacité personnelle comme concept né de la technicisation corporelle. Les nouveaux programmes d’EPS facilitent la pénétration du marché à l’école. Esprit bourgeois et culture démocratique sportive s’allient avec la sublimation libérale du corps. De nouvelles pratiques corporelles instrumentalisent le corps facilitant la hiérarchisation du corps et du sport dans la mouvance commerciale et bourgeoise. L’homme prométhéen s’annonce dans une nouvelle sphère où s’affrontent la montée du non-travail et la paix civile dans la démocratie marchande. L’éducation physique prométhéenne doit faire face à la marchandisation du corps en suscitant un nouveau rôle prométhéen aux chômeurs et aux pauvres dans le contexte de crise mondiale. Où va le travail devenu propriété privée et exclusive des marchands ? Quelle stratégie pour y faire face ? Quel est le rôle des Epiméthéens dans le système cogestion du contrat social ? Quelle Éducation nationale différenciée faudra-t-il envisager ?