L’envers des apparences

L’envers des apparences

Par Claude Fabre

Publié le 28/06/12
Classique
Ce n’est pas un café dont j’ai besoin ! Je suis en ébullition, prise d’une soudaine envie de sortir de ce bocal où je m’enferme tous les jours par je ne sais quel esprit hasardeux de sacrifice. Je craque. Loin de moi les belles idées qui m’ont donné la force de résister ! Je repense, en croisant l’infirmière, à ce que je lui ai dit, pas plus tard qu’hier, une phrase lue dans un magazine posé sur la table de la salle d’accueil : « Le courage est une grâce inexplicable et soudaine, une renaissance à soi-même et au monde où le déni de soi s’estompe devant l’initiative. » Du pipeau tout ça… si l’infirmière savait que j’ai quitté le vrai monde, que je n’ai plus de travail, plus d’autre activité… que je suis comme David entre la vie et la mort… même si en réalité pour lui c’est différent, un destin cruel, par ma main, a voulu lui infliger cette massacrante agonie. Il lui a épargné la vie et prétend qu’il la vive, près de moi, veilleuse cyclothymique et sans répit, de ses jours, de ses nuits… de son énigmatique sommeil noir…