Mélody

Mélody

Par Laurent Huttard

Publié le 26/05/14
Collection Classique
Je Marche

Je marche sur des vers qui ne riment à rien,
Ils craquent sous mes pieds, tels des éclats de verre,
Ils balafrent mon cœur, ces atouts de vauriens !
Je marche sur ma vie, mon ennui, mon calvaire.

Je contemple jaloux, tout ce monde véreux
Qui semble satisfait de marcher sur ma gueule,
Et ne fait pas de place aux hommes malheureux.
Il marche sur l’amour et sur les âmes seules.

Je marche tous les jours, vers un rêve inconnu.
La routine inconsciente aux amours innocentes
Hume dans l’air noir des rires biscornus :
Posée là, splendide, Mélody me tourmente.

Elle a le regard clair comme un jour qui s’éteint,
Et la lèvre de sang sur laquelle est pendue
L’éternelle Beauté du Désir libertin,
On dirait le Diable, la Pomme défendue.

Elle marche sur ceux qui osèrent l’aimer,
Et trépignant sur eux, elle joue à la bombe,
Et je pourrais tuer pour mourir à ses pieds,
Sans même un demi-mot, pour en faire ma tombe.

J’ai rêvé des amours, ce n’est pas un affront ;
Elle était toute nue, j’embrassais sa peau blanche
Et sa jambe, et son cul, et ses yeux, et son front,
Tout dansait en elle au rythme de ses hanches.

Je marche sur des vers qui ne riment à rien,
Elle marche sur moi, nue, comme les silences
Qui balafrent cœur, et pour elle un vaurien
Marche sur le monde et sur son insolence.

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