Nos pères sont partis, Dalila Bellil

Nos pères sont partis, Dalila Bellil

 

 

Nos pères sont partis est le premier roman de Dalila Bellil. 

Il a été remarqué par le Prix Méditerranée 2012.

 

 

 

 

 

La note de l’éditeur : Nos pères sont partis

Ce sont deux jeunes femmes. Elles sont nées dans le même village de Kabylie.

Puis, la vie a proposé à chacune un chemin particulier. Tandis que Dahbia, dont le père a émigré en France, vit et grandit au village, Soltana, elle, s’est envolée vers la France avec sa famille, pour y rejoindre son immigré de père. « Nos pères sont partis », peuvent-elles dire.

Chaque été, les fillettes se retrouvent au bled, comme elles disent. Elles y passent des heures aussi délicieuses qu’amères, puisque, à peine réunies, elles vont devoir se quitter de nouveau.

Les années passent. Après le mariage de Dahlia, Soltana se persuade qu’elle a perdu son amie pour toujours. Mais le « mekhtoub » semble en avoir décidé autrement. Un jour, Soltatana reçoit une lettre de Dahlia. C’est un appel au secours . Commence aussitôt une correspondance entre les deux jeunes femmes. Alors que Dahlia se refuse à quitter sa terre natale et qu’elle en vante les vertus et les mérites, Soltana de son côté, ne cesse d’exalter les bonheurs qu’il y a à vivre en France. Peu à peu, le ton des lettres change. Grâce à une confiance enfin retrouvée après tout ce temps perdu, les confidences se font plus douloureuses. La glace se fissure sous la chaleur des mots. Du même coup, la lumière qui nimbe ces échanges s’assombrit.

Dahlia ne vient-elle pas de traverser les huit années de guerre civile qui ont ensanglanté l’Algérie, sur fond de peurs sournoises et de nuits blêmes ? Soltana ne rencontre-t-elle pas, dans cette France aimée, des difficultés, par frères interposés ? Reste, entre elles deux, ces souvenirs d’enfance, ces illuminations d’adolescentes, ces brefs éclats de joie, et cette « philia » si précieuse qui sonde à jamais les cœurs. D’aveux à peine murmurés en confidences à demi dites, deux âmes se livrent l’une à l’autre, se délivrent l’une par l’autre, en osant s’avouer que l’une, comme l’autre, est en exil, celle-ci dans son propre pays, celle-là en terre lointaine – exil propre à chacune, exil de quiconque a soif d’absolu, exil qui rend étrangères à ce monde-ci les âmes hautes.

On aurait pu craindre de se trouver devant un enième livre consacré au mal- être de la banlieue, bardé de sociologie, brûlé de colère. Dieu merci, il n’en est rien. Page après page, le lecteur est amené à partager l’immense noblesse d’âmes blessées par une Histoire trop lourde pour elles. Avec douceur, avec mesure, dans un style maîtrisé, tout en finesse, Dalila Bellil vient d’écrire un chef-d’œuvre. Pour un premier roman, c’est un coup de maître. Du particulier, elle se hausse sans arrêt à l’universel. C’est ce qui explique que, loin de tout esprit polémique, elle nous somme à lire le vrai roman de l’exil intérieur, celui-là même qui nous rend à la fois solitaire et solidaire.

Enseignante et chargée de production comme de communication, Dalila Bellil vit à Parme. Originaire de Kabylie, ayant toujours vécu en France, elle s’attache à décrypter avec beaucoup de douceur les tragédies de nos sociétés déchirées. C’est son premier roman.

Nos pères sont partis, Dalila Bellil, Roman (broché). Paru en 08/2011 : 20 €

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