Paname, mon amour

Paname, mon amour

Par François Oloa-Biloa

Publié le 13/02/12
Classique
« Va mon fils et ramène-nous quelque chose du pays des blancs, quelque chose ! » J’ai hâte de finir mon histoire. Je voudrais accélérer le temps, mais aujourd’hui semble ne pas finir, et demain est l’absent de toujours, la promesse définie qui avance plus vite que moi, pour enfin figer la distance qui nous sépare, le rêve insaisissable. Du Coup, je désire l’avenir autant que je le ménage parce qu’il me cache tout. Mes amours, mes joies, mes chagrins, et surtout l’inévitable dénouement de mon histoire. Demain, je dormirai dans une autre maison, dans un autre lit, sous un autre climat. Je foulerai une autre terre, une autre parcelle de l’univers. Je goûterai au charme de l’ailleurs. Bien que je ne sache que très peu de ce que sera demain, il est certain que mon passé s’est arrêté, suspendu entre les souvenirs neufs de l’Afrique que je quitte et l’anticipation des découvertes dont, pour aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours rêvé.