S.

S.

Par Yvan Bénin

Publié le 13/02/12
Classique
J’allais au cinéma voir un roman porno japonais. Des caches noirs sur les sexes des amants dégradaient les scènes d’amour. On voyait le quotidien d’un bordel, parfois violent, souvent joyeux. Les corps souffraient. Les amours étaient contrariées. Il y avait de la pudeur à montrer des corps en étreinte sous des draps. La jouissance des visages de femmes en gros plan était belle à voir. Ce drame burlesque était une ébauche presque parodique de L’Empire des Sens. Quel film contemporain pouvait montrer les regards tristes et les paroles cocasses, les corps obscènes et les gestes triviaux d’une étreinte amoureuse ? Une transposition lyrique, grotesque et tragique des joies de la chair et des transports de l’âme restait à faire.