Tam-Tam de deuil

Tam-Tam de deuil

Par Anatole Gbandi

Publié le 22/05/15
Collection Classique

« Yagbéni était trempée de sueur. Ses mains pédalaient dans l’air comme les pieds d’un cycliste. À force de s’égosiller, elle était devenue aphone, la tête lui tournait, ses yeux pleuraient de joie, ses joues se gonflaient de fierté maternelle. À deux doigts d’exploser, ses tympans bourdonnaient comme une ruche. Elle arrêta ses contorsions pour reprendre haleine, mais bousculée par des fêtards effrénés, assommée par des décibels criards et assourdissants, elle quitta le salon et franchit le seuil de la porte de sortie. C’est alors qu’elle réalisa instantanément que tous les singes hurleurs du monde réunis n’auraient pas poussé des hurlements aussi effrayants, aussi sinistres que ceux que poussait la jeune fille. Cette fois, elle a vu le diable en chair et en os, murmura l’hôtesse de céans. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *