Ticket noir pour taxi boy

Ticket noir pour taxi boy

Par Philippe Ernest Charles Métayer

Publié le 09/12/11
Collection Classique
Mon cœur battait encore, mais je ne pouvais pas bouger. Je n’entendais rien, je ne voyais rien. Mon sang marquait le tempo, rythme binaire en porte-à-faux. Une chasse d’eau chuintait, bruit léger de source intermittente. J’ouvrais les yeux lentement, l’endroit très propre sentait l’eau de Javel, un espace lumineux, quadrillé, déformé, s’étendait devant moi et me faisait penser au tableau de Salvador Dali : Le Crâne de Zurbaran. Les personnages que je croyais voir, comme sur le tableau, n’étaient autres que les pissoirs dont je distinguais les siphons par en dessous. Un néon tressaillait de temps en temps, mais la lumière vive et blanche ne s’éteignait jamais.
Une vague douleur sur l’arcade sourcilière m’empêchait d’organiser mes pensées, j’avais dû heurter un lavabo en tombant. J’essayais de bouger, la moitié de mon corps réagissait, le côté gauche, celui du cœur.
Où avais-je vu ces chaussures gold et blanches de marque anglaise ?
Qu’est-ce que je foutais là ?