Un mur contre le mépris

Un mur contre le mépris

Par Boudjema Meziane

Publié le 09/07/14
Collection Classique
Le village d’EL-Frine Boutella Abdallah fut, pendant la guerre de libération, un « camp de regroupement de population » cerné de barbelés électrifiés et minés. Après l’indépendance, il fut transformé en « village pilote de la Révolution agraire ». L’abandon du projet socialiste de développement a entraîné l’abandon dudit village, devenu en quelques années une véritable poubelle.
Lorsque des voix de citoyens se sont élevées pour protester contre la dégradation de leur cadre de vie, les autorités ont répondu par une répression brutale et injuste en jetant en prison ces « agitateurs » qui ne réclamaient que le traitement des eaux usées, l’éradication des décharges sauvages et la réfection de la voirie et de l’éclairage public. Cinquante ans après l’accession à l’indépendance, l’Algérie se noie littéralement dans l’argent des hydrocarbures et les pratiques d’un pouvoir autoritaire, incompétent et corrompu.
Un mur contre le mépris est le double récit d’un homme et d’un village auxquels l’Histoire a réservé une bien triste fortune.

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